• La froideur de l'esprit, la non compassion de l'être

    La froideur de l'esprit, la non compassion de l'être

    La froideur de l'esprit, la non compassion de l'être

    Lila est revenue dans ma vie, elle revient à chaque fois que je passe une étape importante concernant "les autres". Il reste quelques traces de ses commentaires sur mon ancien blog, de sa crispation face à ce que je représente, de ses critiques et conseils doctement imposés, de son obsession vis-à-vis de moi et de ma famille. Du point de vue humain, cette femme est en grande souffrance. Par contre, son esprit est tout à fait conscient de ce qu'il génère dans la matière à travers sa "projection" humaine. C'est donc de l'esprit que je vais parler, celui qui a comme tâche très particulière de s'incarner à mes côtés afin de faire évoluer ma fréquence face à bêtise humaine et à sa force guerrière déstructurée.

    Ces dernières semaines, j'ai fait un constat gênant me concernant. Disons que ce constat allait à l’encontre de ce que je croyais devoir ressentir en ce nouveau cycle. Durant deux mois, j'ai côtoyé beaucoup d'humains et je les ai trouvés...très humains : concours spirituel de celui qui a vu le plus d'esprits, d'orbes, d'objets astraux ; une passion pour les canalisations d'entités extraordinaires, allant de l'ange doré au suppôt de Satan ;  un attirail hétéroclite de protection contre le mal ; un ego spirituel illimité qui m'a imposé d'intervenir discrètement avant que des batailles ne s'engagent sous mon toit ; une concurrence effrénée concernant le statut de guérisseur "des corps" : j'ai guéri une sclérose en plaques, moi un cancer, moi une tendinite ; un refus d'écouter l'autre et un besoin constant de remettre en cause sa réalité de Dieu vivant et conscient avec des questions du genre : ne devrais-tu pas plutôt faire comme ceci ? Ne serait-ce pas mieux de vivre cela ?

    L'une de ces personnes, les yeux plongés dans les miens, m'a posé une question : "je guéris les autres, mais pourquoi pas moi ? J'ai demandé l'aide du ciel, mais je n'ai pas de réponse". Il ne m'a pas laissé lui dire ce que je percevais. Je lui aurais répondu qu'il est empli de son propre savoir et qu'il ne peut en intégrer un autre, qu'il canalise des esprits et que son ego en est satisfait mais qu'il ne sait pas communiquer avec lui-même, son propre esprit. Guérir les autres à partir du corps est la fréquence de l'ancien cycle, se guérir soi est la réalité du nouveau monde.

    Ce genre d'échange m’ennuie. Je ne dis rien, j'écoute et deviens transparente. Je ne souhaite plus vivre cela, je me retire donc du monde humain, sans jugement, en posant un simple constat : je sais ce que je ne veux plus, je sais ce que je veux. Ces humains extraordinaires car ayant à cœur d'aller vers le meilleur d'eux-même à travers la spiritualité sont ce que je ne désire plus être, je ne souhaite plus les côtoyer à trop forte dose.

    Et puis Lila l'humaine est revenue. Toujours les mêmes délires, m'imposant ce que je nomme son" fatras ésotérique", ses croyances alambiquées. Comme d'habitude, j'ai effacé l'humaine Lila de l'équation, je me suis centrée sur moi et j'ai laissé venir la leçon, l'évolution. C'est moi qui appelle Lila l'humaine de façon à ce qu'elle me tende le miroir de mon être, son esprit accepte de jouer ce rôle, dans la joie et la bonne humeur. J'ai tout de suite compris que cela allait clôturer ce que je viens d'évoquer sur mon détachement du monde humain.

    Le premier mouvement a été de la chasser de mon blog et donc symboliquement de mon univers, comme un insecte inopportun. Les dernières fois, j'avais pris soin de le faire par mail, ne voulant pas que sa problématique s’étale au grand jour. Cette fois-ci, j'ai été extrêmement tranchante, et cela en public.

    Et j'ai compris pourquoi. Et ce deuxième constat sur ce que je suis devenue m'a mis KO. Ce que je vais évoquer est anti-spirituel, cela va à l'encontre de 2000 ans d'imprégnation judéo-chrétienne : je me suis défait il y a quelque temps déjà du sentiment de culpabilité face aux humains non guéris que je laisse derrière moi. Je l'ai compris, désormais, dans ma vie intime, je ne désire plus les échanges compliqués que j'évoque plus haut. Lorsqu'un humain souffre, il le projette sur moi et va sans cesse me contredire, traduire ma création "à sa façon", toujours de manière déformée. Ne voulant pas argumenter, là encore, je disparais de cet échange vibratoirement dépassé car je n'y trouve pas mon compte de joie et de fluidité bienveillante. Je m'entoure désormais d'êtres qui savent dire et entendre de façon légère et épanouie. En comparant ces deux façons de communiquer,  je sais ce que je ne veux plus et ce que je veux. Dans ma vie actuelle, je ne m'impose plus rien, je ne valide dans mon quotidien de femme humaine que ce qui est paisible, aimant et amusant.

    Ainsi, cette fois-ci, ce n'est donc pas la culpabilité que j'ai éliminée de mon équation cellulaire, c'est la compassion. Je n'ai éprouvé aucune compassion face à l'humaine Lila et je l'ai mise face à sa folie devant "tout le monde", moment qu'elle n'a pas dû apprécier. Je n'en avais rien à faire. Tous ces humains qui remettent en cause leur prochain avec tant d'acharnement, tout en clamant leur amour de l'autre, le font dans une totale inconscience. Par contre, ce que j'ai mis en place concernant l'humaine Lila était conscient et parfaitement validé par l'esprit que je suis. Je ne protège plus ceux qui m'envahissent de leurs jugements, je les ramène à eux-mêmes, sans douceur...et sans compassion. Le faire en toute lumière symbolisait ma froideur détachée, ma non-implication dans les délires d'une humaine perturbée.

    Lorsque j'étais jeune, on disait de moi que j'étais froide, je me protégeais ainsi de ma peur de l'autre. Lorsque je suis en connexion avec la communauté lors d'une consultation thérapeutique, la température baisse, le monde de l'esprit est plus froid. Et aujourd'hui, je valide ma froideur face à l'humanité, elle est liée à l'esprit vivant qui s'incarne ici et maintenant car l'esprit est froid et non compassionnel.

    Il m'a fallu une nuit pour encaisser ce choc vibratoire, comme si je soulevais à moi seule une chape de 2000 ans d'histoire, un couvercle de plomb qui nous impose la compassion comme le socle de tout être spirituel qui se respecte.

    Pourquoi ne suis-je pas compatissante ? Parce que je suis l'esprit. Je me souviens avoir détaché une partie de ma conscience de façon à vivre la dualité. J'ai pris cette décision, comment compatir pour moi-même, pour ce choix d'expérimentation ? ! Je me suis oublié et puis je me suis souvenue, c'est tout. Il n'y a pas de compassion à ressentir pour mon projet d'existence terrestre mais une joie extrême d'avoir pu expérimenter une aventure de mon cru. Ainsi, pensée par "mon esprit", mon aventure humaine n'est pas décryptée à travers le prisme de la compassion mais de la création !

    Je suis l'esprit et je ne suis donc pas compatissant vis-à-vis de moi-même dès lors que je me souviens de mon choix, que l'humain de matière fusionne avec lui-même, l'esprit quantique. Et vous êtes tous des esprits qui avez fait un choix similaire au mien. Vous n'avez pas plus de compassion que moi à votre encontre, vous ne vivez que la joie de l'incarnation, pas la douleur. Lorsque c'est la partie humaine en vous qui s'exprime, celle qui a oublié qu'elle s'est créé elle-même, vous compatissez à vos souffrances. Dès lors que vous redevenez "entier", vous l'esprit, vous oubliez la souffrance et donc la compassion pour ne vivre que la joie et l'amour. Et dans ce cycle, êtes-vous censés continuer à vivre la séparation ? Non, vous allez fusionner tout comme moi avec l'esprit et vous vivrez comme je le vis moi-même que c'est l'esprit qui se met à "penser", à conscientiser son existence terrestre...et l'esprit ne souffre pas, il ne connaît pas la compassion MAINTENANT, et donc jamais...la compassion est contre nature pour l'esprit, rendez-vous compte du remodelage cellulaire qui intervient en vous !

    Ce cycle est celui de l'esprit qui communique, qui vit, qui s'incarne, qui conscientise, plus celui de sa parcelle humaine qui souffre, qui ne se souvient de rien, qui est séparée, qui compatit pour la souffrance éternelle de chacun. Vous vivez en tant qu'esprit ou en tant qu'humain, point. Et l'esprit se souvient de tout, il vibre de félicité face à l'expérience qu'il vient de mettre en œuvre, pas de compassion.

    Ainsi, moi l'esprit, connecté à celui de Lila, je ressens sa fascination amusée de vivre la séparation. Je ne compatis pas pour cet esprit, il sait exactement ce qu'il crée à travers Lila. Je sais que Lila est donc entre les meilleures mains qui soient, les siennes, même si l'humaine en elle ne s'en souvient pas. Je me sens désormais totalement détachée et froide face à l'histoire humaine. Elle est gérée par les esprits que je côtoie de façon naturelle, en permanence. Lila ne me demande aucune compassion mais au contraire une joie intense de voir cette expérience de dualité s'exprimer sous mes yeux émerveillés, un respect et une confiance totale face à mes frères esprits qui gèrent d'une façon fabuleuse leur incarnation d'humain non connectée. Je quitte le concept de "frères humains", j'intègre celui de mes frères esprits.

    Je ressens pour vous ce que je ressens pour moi, j'agis vis-à-vis de vous comme j'agis vis-à-vis de moi : je ne ressens plus aucune compassion pour moi-même et je m'aime, moi, l'esprit. L'humain devient alors un simple acteur, réel mais dans lequel je n'ai plus à me projeter, à m'investir émotionnellement.

    Je n'ai plus de raison de m'unir à l'humanité souffrante, elle n'existe tout simplement plus pour moi. Je n'ai plus à m'entourer d'humains malades, ils n'ont tout simplement plus de place dans ma réalité. Je ne me connecte plus qu'à leur véritable identité quantique, l'esprit qui les initie en toute conscience et dans un amour inimaginable. Car si l'humain cherche l'amour, l'esprit qui crée l'humain vit ce passage dans 'l'ombre" dans un amour absolu.

    Je sais autre chose qui invalide également tout le discours spirituel : aucun être de lumière n'a jamais compati à nos errements, aucun extraterrestre n'a jamais voulu nous sauver et pour cause : en tant qu’esprits conscients, ils ont tous vécus, ou vivent ou vivront une expérience telle que la nôtre : s'incarner en s’oubliant. Il n'est donc pas question d'aider un esprit, cela n'a aucun sens, juste observer son expérience dans la joie et l'amour, certainement pas dans la compassion pour des souffrances supposées, puisque non ressenties par l'esprit.

    Je modifie actuellement mon champ vibratoire, j'en extrais la fréquence de compassion pour y inclure celle de la véritable froideur de l'esprit. Ce mot est le même qu’auparavant et pourtant, il évoque le détachement absolu FACE A L’HUMANITÉ d'un esprit conscient et aimant, totalement reconnecté à la mémoire du tout.

     

    Gratitude, je suis froide et non-compatissante.

    Mesnet Joséphau-Charrier

    2015

     


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